Bigeard, après une formation spéciale et solide, obtenue pendant la Seconde Guerre mondiale à l’école des Pins (Jedburghs, sans en faire partie. Il est membre du BCRA), est amené à apprendre et à développer des aspects du combat dit « non conventionnel » ou « asymétrique ». Se rapprochant pleinement de l’action armée de guerre insurrectionnelle d’abord contre l’occupant durant la Seconde Guerre mondiale, puis se rapprochant, à l’inverse, de l’action contre-insurrectionnelle (mêmes méthodes basées sur l’action furtive, d’éclat, d’usure et de solides renseignements), en Indochine et en Algérie (n’ayant pas participé à la guerre de Corée, avec le bataillon onusien français), Bigeard est avant tout un soldat parachutiste dit « de choc » et non un homme d’opérations spéciales. Il apporte, comme d’autres, ses expériences multiples, son sens de l’adaptation et sa fougue pour mener ces guerres non conventionnelles, ce qui fait de lui l’un des grands noms de l’armée française du XXe siècle.
Toujours en Algérie, après la bataille d’Alger, face aux immensités désertiques du Sud algérien, Bigeard est l’un des principaux instigateurs de l’utilisation des moyens héliportés : au lieu d’utiliser les hélicoptères pour ramener les blessés comme il était d’usage jusqu’alors, il mit à profit la rapidité et la souplesse d’utilisation de ces engins pour surprendre l’ennemi. Les pratiques, méthodes et tactiques de Bigeard et ses hommes, issues des études stratégiques et des retours d’expériences de Roger Trinquier, de David Galula ou de Paul Aussaresses, sont étudiées de très près par les plus hautes autorités militaires américaines et copiées par les Bérets verts de l’USSOCOM. Ces mêmes Bérets verts sont formés à « la guerre contre-insurrectionnelle », à Fort Bragg, par Paul Aussaresses.