« Les Justes parmi les nations » sont les non-Juifs qui aidèrent les Juifs durant la Shoah. Ces personnes choisirent de sauver des Juifs, parfois en risquant leur propre vie et celle de leur famille. Alors que la majorité des Européens gardèrent le silence sans intervenir et que quelques-uns collaborèrent avec les Nazis, quelques personnes choisirent de tendre la main à des Juifs en détresse. Il y eut des « Justes parmi les nations » dans chaque pays où les Juifs furent menacés. L’Etat d’Israël (créé en 1948) et Yad Vashem, le mémorial national de la Shoah en Israël, créèrent, dans le cadre d’un projet créé par une loi de 1963, une distinction particulière données aux personnes ayant porté secours à des Juifs menacés par le nazisme. Un hommage leur est également rendu. Chaque cas présenté à Yad Vashem par des rescapés ayant été sauvé par des non-Juifs est scrupuleusement étudié avant que ne soit accordé la distinction de « Juste parmi les nations ». Ce titre n’est décerné que sur la foi de témoignages des personnes sauvées ou de témoins oculaires et de documents fiables.
Aujourd’hui, l’Institut Yad Vashem a décoré de la médaille des Justes plus de 20 000 personnes (20757 justes au 1er janvier 2005). Les personnes reconnues comme telles reçoivent la médaille des Justes et un certificat honorifique (remis au plus proche parent en cas de reconnaissance posthume). Leurs noms sont inscrits sur le Mur d’honneur du Jardin des Justes à Yad Vashem. C’est la distinction suprême décernée à des non-Juifs par l’Etat d’Israël, au nom du peuple juif. Deux communes européennes ont été faites Justes parmi les nations : Chambon-sur-Lignon en Haute-Loire et Niewlande (Pays-Bas). La Pologne est le pays qui compte le plus de Justes, les Pays-Bas étant celui qui en compte le plus en proportion de la population totale.
Ce total de 20 757 personnes prend en compte les personnes ayant sauvé des Juifs. Il est sûrement loin de la réalité car beaucoup ne se sont jamais fait connaître ou ne furent jamais révélés du fait de la disparition de ceux qui avaient été aidés. Selon le gouvernement israélien, les critères de reconnaissance d’un Juste sont les suivants: Avoir apporté une aide dans des situations où les juifs étaient impuissants et menacés de mort ou de déportation vers les camps de concentration. Le sauveteur était conscient du fait qu’en apportant cette aide, il risquait sa vie, sa sécurité et sa liberté personnelle (les nazis considéraient l’assistance aux Juifs comme un délit majeur). Le sauveteur n’a exigé aucune récompense ou compensation matérielle en contrepartie de l’aide apportée, Le sauvetage ou l’aide est confirmé par les personnes sauvées ou attesté par des témoins directs et, lorsque c’est possible, par des documents d’archives authentiques. L’aide apportée aux Juifs par des non-Juifs a revêtu des formes très diverses ; elles peuvent être regroupées comme suit: Héberger un juif chez soi, ou dans des institutions laïques ou religieuses, à l’abri du monde extérieur et de façon invisible pour le public. Aider un juif à se faire passer pour un non-Juif en lui procurant des faux papiers d’identité ou des certificats de baptême (délivrés par le clergé afin d’obtenir des papiers authentiques). Aider les Juifs à gagner un lieu sûr ou à traverser une frontière vers un pays plus en sécurité, notamment accompagner des adultes et des enfants dans des périples clandestins dans des territoires occupés et aménager le passage des frontières. Adoption temporaire d’enfants juifs (pour la durée de la guerre). On ignore le nombre exact de Juifs sauvés grâce à l’aide de non-Juifs, mais il s’agit de plusieurs dizaines de milliers. En France, le nombre de Justes honorés est de 2500 environ.