Malgré les terribles conditions de survie que les Juifs devaient affronter dans l’Europe occupée, nombre d’entre eux s’engagèrent dans la lutte armée contre les Nazis. Il y eut différents types d’engagements et de luttes, notamment en fonction des personnalités de chacun de ces combattants mais aussi de la situation qu’ils étaient amenés à vivre.
Les Juifs militants de partis politiques s’engagèrent dans la lutte qui menaient leurs parti. Ce fut par exemple le cas, en France, des militants communistes des FTP-MOI (Francs-tireurs et partisans – Main d’oeuvre immigrée) qui tombèrent nombreux sous les balles allemandes. Ainsi, les jeunes Rayman, Wasjbrot, Elek, Fingerweig ou autres de l’Affiche rouge furent des résistants actifs à Paris dès 1942. De fait, les Juifs engagés dans des partis politiques agirent en fonction de la ligne politique fixée par la direction clandestine de ces partis.
Des groupes de partisans juifs furent actifs dans nombre de régions de l’Europe occupée, notamment à l’Est. Il en fut ainsi à Baranovichi, Minsk, la forêt de Naliboki et Vilnius. En France, entre l’automne 1943 et le printemps 1944, Robert Gamzon organise le maquis des EIF (Eclaireurs Israélites de France) qui eut une activité intense dans la clandestinité. Ceux-ci organisent un groupe de combat dans le Tarn qui prit le nom de Marc Haguenau, du nom du secrétaire général des EIF assassiné par la Gestapo en 1944. Un maquis de l’Armée juive, intégré au corps franc de la Montagne Noire fut baptisé « Peloton Trumpeldor ». Ces deux maquis combattirent ensemble pour la libération du Sud-Ouest de la France.
Ainsi, bien que ces groupes de résistants juifs dans l’Europe occupée n’eurent pas un rôle militaire toujours très significatif, ces actes de résistance contribuèrent au sauvetage d’un nombre important de Juifs, à causer des pertes, certes limitées mais réelles, aux Allemands qui en eurent parfois à souffrir dans leur amour propre. En effet, comment était-il possible pour ces derniers que des Juifs, ce peuple qu’ils considéraient comme un peuple d’esclaves, puisse combattre, leur causer des pertes et mourir les armes à la main ? C’est ainsi que les Nazis furent surpris par l’insurrection du ghetto de Varsovie qui débuta le 19 avril 1943 et dura 5 semaines. Il s’agit là du plus bel exemple de résistance armée juive. Cette révolte ne fut pas un acte isolé car nombre de ghettos se révoltèrent.
Enfin, la résistance des Juifs s’organisa également dans les lieux-mêmes destinés à leur destruction. En effet, des révoltes éclatèrent dans les centres de mise à mort de Treblinka (2 août 1943), Sobibor (14 octobre 1943) et de Birkenau (7 octobre 1944). A chaque fois, l’extermination cessa peu après dans chacun de ces centres. Des révoltes éclatèrent également au camp de Janowska (19 novembre 1943) près de Lvov et à Babi Yar (29 septembre 1943).