Le racisme qualifie la haine de tous ceux dont on considère qu’ils appartiennent à un groupe défini comme racialement différent.
L’antisémitisme, qui qualifie la haine des Juifs, est presque toujours couplé à l’idée de conspiration, de complot, de sang souillé et donne naissance à une pensée et à un discours diabolisant, voire de mort. De plus, une fascination certaine pour l’objet de peur agite les antisémites qui, au contraire des racistes qui méprisent et haïssent, ne méprisent pas tout en haïssant.
Le philosophe Emmanuel Lévinas comprenait ainsi la différence entre racisme et antisémitisme : « L’antisémitisme n’est ni la simple hostilité qu’éprouve une majorité à l’égard d’une minorité, ni seulement une xénophobie, ni un quelconque racisme, fût-il la raison ultime de ces phénomènes de lui dérivés. Car il est la répugnance à l’inconnu du psychisme d’autrui, au mystère de son intériorité ou, par-delà toute agglomération en ensemble et toute organisation en organisme, à la pure proximité de l’autre homme, c’est à dire la socialité elle-même ».
( « L’Au delà du verset. Lectures et discours talmudiques » 1982.)