Une motivation principale des deux formes de résistances, extérieure et intérieure, était que les Français soient présents aux côtés des alliés lors de la victoire finale espérée. La question vient alors d’elle-même : Quel a été le rôle de la Résistance dans la libération du territoire ? Il est difficile de donner une réponse tranchée à cette question qui appelle des éléments de réponse.
En septembre 1943, les résistants corses déclenchent une insurrection qui libère l’île avec l’aide d’un commando venu d’Afrique du Nord. Le débarquement allié du 8 novembre 1942 en Afrique du Nord avait permis aux Services Spéciaux français établis à Alger d’envoyer la mission secrète Pearl Harbour dès le 14 décembre 1942, groupe débarqué du sous-marin Casabianca, composé de Roger de Saule, Laurent Preziosi, Toussaint Griffi et Pierre Griffi pour coordonner les réseaux de résistance en vue d’un débarquement rapide. La Corse est le quatrième département français libéré le 4 octobre 1943, après les trois départements d’Algérie le 8 novembre 1942. À partir de juin 1944, FFI et FTP, théoriquement unifiés sous le commandement du général Kœnig s’efforcent de participer activement à la libération des autres départements français.
Des membres de la résistance à Paris en 1944.
À la suite du débarquement en Normandie, en juin 1944, les maquis et les différents réseaux de sabotage interviennent, soit en engageant le combat afin de fixer les forces ennemies, soit en désorganisant les réseaux de communications ferroviaires utilisés par les Allemands : plan vert pour les voies ferrées, plan violet pour les lignes téléphoniques et plan bleu pour les installations électriques. Le plan Paul, vise, lui, à détruire les dépôts allemands de munitions et de carburants, à harceler les renforts allemands et à préparer l’arrivée des troupes alliées.
Mémoire des FFI à Paris
Le déclenchement de l’insurrection parisienne qui s’est achevée par la Libération de Paris le 25 août 1944 avec l’appui de la 2e division blindée du général Leclerc est un des moments glorieux les plus célèbres de la Résistance française, mais il est très difficile de faire la part de ce qui ressort de la manifestation populaire, de l’opération psychologique d’une part et de l’efficacité militaire d’autre part. Moins discutable est la libération de la plus grande partie du sud-ouest et du centre de la France, et, dans le sud-est, l’aide apportée à la progression de la 1re Armée française du général de Lattre de Tassigny débarquée en Provence en août 1944.
Un volontaire des Forces françaises de l’intérieur (FFI) à Châteaudun, en 1944.
On se réfère souvent au commentaire du général Dwight Eisenhower dans son « Rapport sur les opérations en Europe des forces expéditionnaires » : « Notre QG estimait que par moment, la valeur de l’aide apportée par les FFI à la campagne représentait l’équivalent en hommes de 15 divisions12 d’infanterie et grâce à leur assistance, la rapidité de notre avance en France en fut grandement facilitée. »
Une division d’infanterie (DI) représente à peu près 10 000 hommes. La conversion des forces de la Résistance en DI a ses limites. Comment convertir les renseignements fournis aux Alliés ? Et l’intoxication des Allemands que l’Intelligence Service tenta en manipulant le réseau Prosper du SOE ? On n’aura jamais de réponse certaine à la question : « Est-ce que l’apport de la Résistance fut décisif pour que la tête de pont établie en Normandie ne soit pas rejetée à la mer ? ».
Il est estimé que le rôle de la résistance fut marqué pour le harcèlement constant de l’ennemi et le renseignement militaire.
Des francs-tireurs avec des soldats alliés.
Après le débarquement de Provence, le quart sud-est de la France a été libéré avec près de trois mois d’avance sur les prévisions initiales (Lyon : 70 jours, Grenoble : 83 jours), en partie grâce à l’action des Forces françaises de l’intérieur (FFI). Créées officiellement le 1er février 1944, elles ont réuni toutes les structures de la Résistance intérieure, sous le commandement du général Koenig. En outre, le débarquement de Normandie aurait été beaucoup plus sanglant, sans les renseignements et les actions retardatrices de la Résistance.
Interrogé dans un rapport militaire publié en 1948, le général en chef des armées américaines Eisenhower avait estimé que la « rapidité de notre avance à travers la France fut grandement facilitée » par l’aide des FFI, qui représentait l’équivalent de quinze divisions militaires.
Pour autant, selon l’historien Jean-François Muracciole, spécialiste de la Résistance, « l’image d’une France résistante réalisant sa propre libération relève largement du mythe » car l’apport strictement militaire de la Résistance intérieure à la progression des Alliés en France consista essentiellement à la formation de filières d’évasion, à la collecte du renseignement et au sabotage.
Cependant de nombreuses villes, à commencer par Paris, ont été partiellement libérées plusieurs jours avant l’arrivée des Alliées, l’insurrection parisienne démarrant cinq jours avant. À Limoges, le chef résistant Georges Guingouin a retardé l’ordre de libération donné par le parti communiste, afin de mieux l’adapter à l’avancée des Alliés et réduire ainsi les pertes. Dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, zone de résistance massive, une grève insurrectionnelle générale a privé les transports et usines de charbon à l’été 1944.
Un auteur comme Philippe Masson donne une estimation plus basse qu’Einsehower, mais en restant dans une vision qui écarte elle aussi les formes non directement militaires de la Résistance, par exemple, la production d’une presse clandestine, selon lui à prendre en compte que si elle draine des forces vers une aide efficace aux forces alliées.