Le régime de Vichy est le régime politique autoritaire et collaborationniste avec l’Allemagne Nazie instauré en France à la suite de l’armistice du 22 juin 1940 durant la Seconde Guerre mondiale. De nature traditionaliste, xénophobe et antisémite, ce régime avait à sa tête le maréchal Philippe Pétain, secondé par le chef du gouvernement Pierre Laval en 1940 et de 1942 à 1944, avec un intérim de l’amiral François Darlan. Le régime de Vichy a assuré le gouvernement de la France du 10 juillet 1940 au 9 août 1944 pendant la Seconde Guerre mondiale et durant l’occupation du pays par le Troisième Reich1. Le régime est ainsi dénommé car le gouvernement siégeait à Vichy située dans le sud-est de l’Allier, en zone libre, alors que de jure la capitale était toujours Paris.
Après le vote des pleins pouvoirs constituants à Philippe Pétain, le 10 juillet 1940, par l’Assemblée nationale (réunion de la Chambre des députés et du Sénat), la mention « République française » disparaît des actes officiels ; dès lors le régime s’auto-désigne par le nom d’« État français ». Du fait de son aspect particulier dans l’histoire de France, ce régime, légal mais illégitime5, est le plus souvent désigné sous les appellations « régime de Vichy », « gouvernement de Vichy », « France de Vichy » ou simplement par métonymie « Vichy ». Un projet de constitution signé par Pétain le 30 janvier 1944, prévoyant que le chef de l’État porte le titre de « président de la République », n’a jamais été promulgué.
Le Troisième Reich, qui occupe d’abord le Nord et l’Ouest du territoire métropolitain et, à partir du 11 novembre 1942, avec les Italiens, la métropole tout entière, laisse l’administration française sous l’autorité du gouvernement français de Vichy, dirigé par Philippe Pétain. Nommé le 16 juin 1940, en pleine débâcle, président du Conseil par le président Albert Lebrun, Pétain se substitue en juillet 1940 au président de la République, qui, bien que n’ayant pas démissionné de son mandat, se retire de la fonction6. Pétain se nomme lui-même « chef de l’État français », puis met en œuvre une politique de collaboration avec les nazis et instaure des lois antisémites.