Le débarquement de Normandie, également appelé débarquement en Normandie, ou encore débarquement allié en Normandie, nom de code opération Neptuned, est une opération militaire amphibie et aéroportée alliée de la Seconde Guerre mondiale lancée dans la nuit du 5 au 6 juin 1944.
C’est la phase d’assaut d’une plus vaste opération qui vise à créer une tête de pont alliée de grande échelle dans le Nord-Ouest de l’Europe, et à l’ouverture d’un nouveau front à l’ouest. Ce débarquement marque le début de l’opération Overlord, nom de code de la bataille de Normandie.
Cette opération Neptune inclut les opérations aéroportées américaine et britannique pendant la nuit du 6 juin ainsi que les bombardements préparatoires aériens et navals des défenses côtières allemandes, la traversée de la Manche par plusieurs milliers de navires, et enfin le débarquement des troupes dès le 6 juin au matin (« Jour J ») sur les plages du nord-est du Cotentin et de l’ouest du Calvados dans les secteurs, d’ouest en est, d’Utah Beach et Omaha Beach, et de la pointe du Hoc pour les Américains, de Gold Beach pour les Britanniques, de Juno Beach pour les Canadiens, et de Sword Beach pour les Britanniques en y incluant les Français libres des commandos Kieffer.
Une fois les plages prises, l’opération se poursuit par la jonction des forces de débarquement et l’établissement d’une tête de pont sur la côte normande puis l’acheminement d’hommes et de matériels supplémentaires. Les jours suivants voient la mise en place des structures logistiques (ports artificiels Mulberry, oléoduc sous-marin PLUTO, terrains d’aviation2) pour le ravitaillement du front et le débarquement de troupes supplémentaires. L’opération cesse officiellement le 30 juin 1944.
Contexte
Entre le 27 mai et le 4 juin 1940, plus de 338 000 hommes du corps expéditionnaire britannique et de l’armée française, encerclés sur les côtes du nord de la France, regagnent le Royaume-Uni grâce à l’évacuation de Dunkerque. La signature de l’armistice puis l’occupation allemande en France privent les Alliés de l’Europe de l’Ouest continentale. Après l’invasion de l’Union soviétique par l’armée allemande en juin 1941, Joseph Staline commence à demander aux Alliés l’ouverture d’un second front en Europe de l’Ouest. Fin mai 1942, les États-Unis et l’Union soviétique font une déclaration commune sur l’urgence de créer un second front à l’Ouest. Mais le premier ministre britannique Winston Churchill persuade le président des États-Unis Franklin Delano Roosevelt de retarder le débarquement promis, les Alliés n’ayant pas encore les forces adéquates pour une opération de cette ampleur.
Profitant de la présence des troupes anglo-américaines en Afrique du Nord après leurs victoires sur les armées allemandes et italiennes, les Alliés passent à l’offensive en Méditerranée en lançant l’invasion de la Sicile en juillet 1943, puis l’invasion de la péninsule italienne en septembre de la même année. Au même moment, les armées soviétiques passaient à l’offensive après avoir gagné la bataille de Koursk. La décision de monter un débarquement amphibie à travers la Manche est prise lors de la Conférence Trident à Washington en mai 1943. La préparation de l’opération se heurte cependant au problème du nombre de barges et navires de débarquement disponibles, la plupart étant déjà requises en Méditerranée ou dans le Pacifique. À la conférence de Téhéran en novembre 1943, Roosevelt et Churchill promettent à Staline l’ouverture d’un second front pour mai 1944.
Réunion du corps expéditionnaire allié du quartier général suprême (SHAEF), 1er février 1944. Au premier rang : le maréchal en chef de l’Air Arthur Tedder ; le général Dwight D. Eisenhower ; le général Bernard Montgomery. Rangée arrière : le lieutenant-général Omar Bradley ; l’amiral Bertram Ramsay ; le maréchal en chef de l’Air Trafford Leigh-Mallory ; le lieutenant-général Walter Bedell Smith.
Les Alliés ont retenu quatre potentiels lieux de débarquement à l’ouest de la France : la Bretagne, la péninsule du Cotentin, la Normandie et le Pas-de-Calais. Parce qu’il aurait été facile pour les Allemands de contenir l’avance alliée dans une péninsule, la Bretagne et le Cotentin furent abandonnés. Le Pas-de-Calais étant la plus proche côte d’Europe continentale depuis la Grande-Bretagne, les Allemands le considéraient comme le lieu de débarquement le plus probable et avaient concentré un grand nombre de troupes et de fortifications. De plus, l’avance dans les terres aurait souffert du grand nombre de canaux et de rivières. Un débarquement en Normandie en revanche permettrait de capturer le port de Cherbourg, d’avancer vers les ports bretons tout en menaçant d’une avance vers Paris puis l’Allemagne.
Les Alliés planifient le débarquement pour le 1er mai 194411. Un plan initial est accepté à la conférence de Québec en août 1943. Le général américain Dwight D. Eisenhower est promu commandant du Supreme Headquarters Allied Expeditionary Force (SHAEF). Le général britannique Bernard Montgomery est nommé commandant du 21e groupe d’armées, qui se compose de toutes les troupes terrestres de l’invasion. En décembre 1943, Eisenhower et Montgomery découvrent le projet de débarquement, proposant un débarquement amphibie de trois divisions. Les deux généraux insistent immédiatement pour étendre le projet à cinq divisions plus trois aéroportées, permettant un débarquement sur un front plus étendu et hâtant la capture du port de Cherbourg15. Le besoin en matériel et en barges et navires de débarquement devient dès lors tel que l’opération est repoussée à juin 1944. Au total, trente-neuf divisions alliées seront envoyées en Normandie : vingt-deux américaines, douze britanniques, trois canadiennes, une polonaise et une française, pour un total de plus d’un million d’hommes.