Le Conseil national de la Résistance (CNR), constitué le 27 mai 1943, est l’organisme qui dirige et coordonne les différents mouvements de la Résistance intérieure française pendant la Seconde Guerre mondiale, toutes tendances politiques comprises.
Composé de représentants des mouvements de résistances, des syndicats et de partis politiques opposés au gouvernement de Vichy, il est mis en place par Jean Moulin à la demande du général de Gaulle, alors chef du gouvernement de la France libre à Londres. Sa première réunion clandestine se tient le 27 mai 1943 dans un appartement à Paris, sous la présidence de Jean Moulin.
Son programme, adopté en mars 1944, prévoit un « plan d’action immédiat » (c’est-à-dire des actions de résistance), mais aussi des « mesures à appliquer dès la libération du territoire », une liste de réformes sociales et économiques.
Le contexte et la mission de Jean Moulin
Au début de l’année 1943, des conflits et des rivalités de personnes ainsi que des divergences politiques au sein de différents mouvements de résistance risquent de diviser la Résistance, aussi l’idée de constituer un organisme qui réunirait les forces syndicales et les mouvements politiques aux côtés des mouvements de Résistance circule dès août 1942 lors d’une réunion de militants syndicalistes organisée à Toulouse par le Mouvement ouvrier français de Morandat1.
Jean Moulin, d’abord peu favorable à l’idée qui lui avait été soumise (craignant que cela limite ses attributions), reproche à Morandat d’avoir envoyé un rapport dans ce sens à Londres, mais constatant que plusieurs dirigeants reprennent le projet à leur compte, il décide de le proposer au général de Gaulle.
Ce projet a aussi pour avantage de cautionner l’action du général de Gaulle et de renforcer et légitimer son autorité aux yeux des Alliés et des Français, de déjouer la tentative américaine de mettre en avant le général Henri Giraud et la tentative de mainmise communiste sur la Résistance intérieure.
Les premiers pas de Jean Moulin
Dès ses débuts, Moulin conjugue travail de court terme (unification des mouvements de résistance intérieure) et de long terme : dès juin 1942, il installe un « Comité des experts » chargé de penser la synthèse des projets politiques pour l’après-guerre.
La création du CNR
Plaque 48 rue du Four (6e arrondissement de Paris) commémorant la première réunion clandestine du CNR, le 27 mai 1943.
Plaque 182 rue de Rivoli (1er arrondissement de Paris) commémorant deux réunions clandestines du CNR au printemps 1944, après l’assassinat de Jean Moulin.
Plaque 41 rue de Bellechasse (7e arrondissement de Paris) concernant l’appel à l’insurrection nationale du 19 août 1944.
Le tour de force qu’est l’unification se produit dix sept mois plus tard, le 27 mai 1943, lors de la première réunion du CNR qui se tient à Paris dans l’appartement de René Corbin, au premier étage du 48 rue du Four. Un odonyme rappelle cet événement : « Avenue du 27-Mai-1943 » à Elne dans les Pyrénées-Orientales, à l’initiative d’historiens et politiques locaux.
Cette réunion aura une importance politique considérable, ainsi que l’expose Robert Chambeiron :
« en métropole, avant le 27 mai, il y avait des résistances ; après, il y a la Résistance. […] les Américains ne peuvent plus douter de la légitimité de De Gaulle. La France devient un pays allié à part entière et, à ce titre, sera présente lors de la capitulation des armées nazies, le 8 mai 1945. D’autre part, les Alliés doivent abandonner leur projet d’administrer eux-mêmes la France au fur et à mesure de sa libération. Et, parce qu’il y a eu le CNR et de Gaulle, la France sera, lors de la création de l’Organisation des Nations unies, l’une des cinq grandes puissances à occuper un siège permanent au sein du Conseil de sécurité. »
Outre Jean Moulin et ses deux collaborateurs, Pierre Meunier et Robert Chambeiron, participent à la réunion constitutive du 27 mai 1943 et deviennent membres du CNR[citation nécessaire] :
les représentants des huit grands mouvements de résistance :
Pierre Villon du Front national de la résistance créé par le Parti communiste français,
Roger Coquoin pour Ceux de la Libération,
Jacques Lecompte-Boinet pour Ceux de la Résistance,
Charles Laurent pour Libération-Nord,
Pascal Copeau pour Libération-Sud,
Jacques-Henri Simon pour Organisation civile et militaire,
Ginette Cros pour le Front patriotique de la Jeunesse,
Claude Bourdet pour Combat,
Eugène Claudius-Petit pour Franc-Tireur