1878-1919
Le second empire colonial français est l’ensemble des colonies de l’empire colonial français, possédé et administré par la France à partir de 1815, puis essentiellement structuré sous la Troisième République.
Le second empire colonial français est également appelé Empire colonial français contemporain (ayant été érigé à l’époque contemporaine), ou encore second espace colonial français.
Avant 1815
Après la défaite de la France lors de la guerre de Sept Ans, tous les établissements et comptoirs en Afrique noire, à l’exception de l’île de Gorée au Sénégal, sont cédés lors du traité de Paris en 1763. L’Empire britannique profite largement de cette victoire.
Une partie sera toutefois récupérée quelques années plus tard, à la faveur du traité de Versailles en 1783.
En 1803, Napoléon Ier vend la Louisiane, restituée l’année précédente par l’Espagne, aux États-Unis. En 1804, la France perd sa plus riche colonie Saint-Domingue qui devient indépendante sous le nom d’Haïti.
Après la chute du Premier Empire, la France n’a dès lors plus de vastes territoires coloniaux, ne conservant que quelques comptoirs : les établissements français de l’Inde, Gorée, quelques îles des Antilles (Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin…), La Réunion dans l’océan Indien, ainsi que la Guyane et Saint-Pierre-et-Miquelon.
De 1815 à 1848 : Restauration, monarchie de Juillet
Cette période est marquée par le début de la conquête de l’Algérie lancée par le roi Charles X en 1830 dans le but de reconstruire un « empire colonial », mais aussi annonciatrice d’une politique d’expansion impérialiste qui s’étend par la suite en Afrique noire par les implantations militaires ou commerciales dans le golfe de Guinée en 1838-1842. Dans l’océan Indien, une première implantation à Madagascar a lieu en 1839 et l’île de Mayotte, aux Comores, devient protectorat français dès 1841.
La France s’intéressera également très tôt aux îles du Pacifique puisqu’un autre traité de protectorat sera signé avec le royaume de Tahiti en 1843, après l’annexion des îles Marquises l’année précédente.
Timbre-poste au type Aigle en usage dans les colonies françaises de 1859 à 1865
De 1848 à 1852 : Deuxième République
En 1848, la Seconde République abolit de nouveau l’esclavage (décret d’abolition de l’esclavage du 27 avril 1848) et réassimila ces territoires à la métropole avec comme conséquence l’arrivée à Paris de députés des colonies (onze députés en 1849). Un décret du 2 juin 1848 crée les départements français d’Algérie.
De 1852 à 1870 : Second Empire
La politique coloniale du Second Empire (1852-1870) porte l’empreinte de Napoléon III et de son ministre français de la Marine et des Colonies Chasseloup-Laubat. Ce dernier entreprend, sous les ordres de l’Empereur, une modernisation de la marine de guerre française (cuirassés à hélices) qui doit permettre d’améliorer la capacité d’intervention des troupes coloniales. La superficie du domaine outre-mer triple durant cette période jusqu’à atteindre un million de km² pour cinq millions d’habitants.
Le Second Empire rompt à nouveau l’assimilation au nom de l’autonomie nécessaire de ces contrées (particulièrement au niveau douanier). Le Second Empire en lançant une nouvelle série de conquêtes coloniales en Asie et en Afrique Noire redynamisa ces territoires dont les populations jouèrent un rôle central dans la conquête et l’administration du Second espace colonial français.
Chronologiquement, l’annexion définitive de la Nouvelle-Calédonie en 1853 constitue la première action coloniale de l’Empereur. En Afrique, il nomme Faidherbe au poste de gouverneur du Sénégal. S’ensuivront la fondation du port de Dakar et la création du corps des tirailleurs sénégalais. L’implantation du comptoir des Rivières du Sud en 1859, puis l’acquisition de la côte du Gabon en 1862 sont les principales étapes de la pénétration française en Afrique de l’Ouest.
En Afrique de l’Est, Napoléon III signe en 1862 un traité de commerce avec Madagascar où s’installe un consulat de France. La politique impériale vise principalement de ce côté de l’Afrique à contrer l’influence britannique. La France occupe le petit territoire d’Obock, à côté de la ville de Djibouti, sur le golfe de Tadjourah ; ce sera le premier point d’ancrage français dans la région. Au Maghreb, il renforce la présence des conseillers militaires français dans l’armée tunisienne.
Le Second Empire étend le domaine français en Algérie et entreprend la conquête de la Cochinchine (Cochinchine française colonisée en 1862 et Cambodge mis sous protectorat l’année suivante), de la Nouvelle-Calédonie, de nombreuses îles dans le Pacifique (aujourd’hui en Polynésie française) et du Sénégal.
De 1870 à 1940 : Troisième République
De 1870 à 1914
Après 1870, les vieilles colonies (colonies issues du premier espace colonial français) envoient à nouveau des députés en métropole et sont favorisées par rapport aux nouvelles possessions du fait que leurs ressortissants se voient reconnaître la qualité de citoyen français. Ce droit sera étendu à l’ensemble des habitants de l’empire à la suite de la Conférence de Brazzaville (1944) dont les travaux préliminaires avaient été réalisés par le gouverneur de l’Afrique-Équatoriale française (AEF) Félix Éboué.
La conquête d’Alger en 1830 représente un premier pas vers un renouveau de l’empire colonial français, mais la conquête coloniale est surtout le fait de la Troisième République. (En 1884, la conférence de Berlin organise le partage de l’Afrique entre les puissances européennes ; Jules Ferry est alors président du conseil français). Cette volonté, mettant la France en concurrence avec le Royaume-Uni, aide au rapprochement du pays avec la Russie. Cependant, durant cette période l’ennemi fut toujours l’Allemagne, d’autant que cet empire devient également un concurrent dans l’expansion coloniale lorsqu’il commence à réclamer sa « place au soleil » après l’arrivée au pouvoir de Guillaume II et l’éviction du chancelier Bismarck.
Jules Ferry
Au début de la Troisième République, la question coloniale est en apparence occultée dans le débat public. Les forces vives de la nation regardent vers la ligne bleue des Vosges. L’idée coloniale est surtout relancée par quelques militaires, explorateurs, médecins ou géographes tel que Pierre Savorgnan de Brazza, soutenus par des hommes politiques comme Jules Ferry, Léon Gambetta ou le député oranais Eugène Étienne.