987-1792
Le royaume de France est le nom donné à différentes entités politiques de la France au Moyen Âge et à l’époque moderne. Selon les historiens, la date de création du royaume peut être associée à un de ces trois événements majeurs : l’avènement de Clovis en 481 et l’extension des royaumes francs ; le partage de l’Empire carolingien en 843 ; ou l’élection d’Hugues Capet en 987. Ce royaume disparaît lors de la Révolution française en 1792 avant de renaître brièvement de 1814 à 1848.
Le roi des Francs Clovis avait scellé l’alliance des royaumes francs avec l’Église catholique lors de son baptême. Cette alliance se perpétue dans le royaume de France par le sacre jusqu’en 1824 des rois à Reims, qui en fait des monarques de droit divin. Les premiers Capétiens sont soucieux de couronner leur fils aîné de leur vivant, car leur autorité se limite en fait à l’Île-de-France. Ce n’est qu’à partir de Philippe Auguste (1165-1223), plus exactement 1204, que leurs actes officiels utilisent la dénomination de Rex Franciæ, « roi de France » et qu’ils sont en mesure de faire réellement acte d’autorité dans l’ensemble du royaume. Le territoire de celui-ci est composé des fiefs féodaux dont le roi de la Francie occidentale est le suzerain depuis le partage en 843 de l’Empire carolingien.
L’intégration progressive des fiefs féodaux au domaine royal nécessite la mise en place d’une administration royale. Saint Louis accorde une importance primordiale à son rôle de justicier et le Parlement, cour supérieure de justice, est mise en place. La longue guerre de Cent Ans est l’occasion d’instaurer sous Charles VII une armée et des impôts permanents. Richelieu, ministre de Louis XIII, et Louis XIV confortent l’autorité royale dans les provinces en mettant au pas les gouverneurs locaux issus de la noblesse et en y déléguant des intendants commis du roi.
La propension de la royauté à exercer un pouvoir de plus en plus absolu a été contestée dans les périodes de troubles, guerres civiles et règnes de rois mineurs. La contestation prend un caractère plus prononcé à l’occasion de la diffusion de la philosophie des Lumières et des valeurs que celle-ci véhicule : gouvernement de la raison, séparation des pouvoirs, libertés individuelles… La Révolution française débouche sur l’instauration d’une monarchie constitutionnelle. Cependant les différentes formules expérimentées échouent successivement en 1792, 1830 et 1848, amenant la fin de la royauté en France.
Origines (481-843)
La fondation du royaume des Francs par Clovis
Les Francs sont un peuple installé aux confins de la Gaule du Nord. Ils servent l’Empire romain d’Occident comme mercenaires et se romanisent assez rapidement. Ils obtiennent le statut de peuple fédéré, mais ne parviennent pas à s’unir et éclatent en plusieurs petits royaumes. Plusieurs rois probablement légendaires se succèdent, dont Mérovée, fondateur de la dynastie des Mérovingiens. Le premier roi dont l’existence est certaine est Childéric Ier qui règne sur un petit royaume autour de Tournai.
Cinq ans après l’effondrement de l’Empire romain d’Occident, Clovis hérite en 481 d’un royaume plus petit que les autres royaumes barbares. En 486, il bat Syagrius à la bataille de Soissons et étend ses territoires. En 496, il bat les Alamans à Tolbiac et se fait baptiser à Reims. Il peut désormais se présenter comme le libérateur des peuples chrétiens de Gaule, alors sous domination de barbares qui pratiquent l’arianisme. En 507, il défait les Wisigoths lors de la bataille de Vouillé, ce qui lui permet de s’étendre dans le sud de la Gaule. En 509, il est élu roi de tous les Francs.
Le partage du royaume au gré des successions
Clovis Ier meurt en 511 ; son royaume est partagé entre ses quatre fils. Chacun hérite d’une partie du royaume et prend le titre de « roi des Francs ». Néanmoins, ce partage ne fait pas disparaître l’idée d’un ensemble uni, le Regnum Francorum (royaume des Francs). Ce dernier est divisé en trois grandes régions : l’Austrasie, la Burgondie et la Neustrie, dont les frontières évoluent au gré des guerres et des héritages. Plusieurs rois parviennent à réunir l’ensemble, mais dès la mort du souverain il est divisé entre ses descendants. Les Francs s’étendent à l’est aux dépens notamment du Royaume alaman ou encore de la Bavière.