1789
La prise de la Bastille
La prise de la Bastille s’explique d’abord par la volonté de trouver la poudre nécessaire aux milices bourgeoises des districts mais elle est immédiatement élevée au rang d’acte fondateur de la révolution populaire. Le 14 juillet, les émeutiers du faubourg Saint-Antoine se rendent autant maîtres d’une forteresse royale que d’un symbole du despotisme. C’est aussi la première manifestation des foules révolutionnaires organisées. Le matin, les émeutiers pillent l’arsenal de l’hôtel des Invalides où ils trouvent des armes et des canons. Ils arrivent ensuite aux portes de la prison royale de la Bastille et y retrouvent d’autres émeutiers massés devant la forteresse du faubourg Saint-Antoine depuis le matin.
Face à la foule marchant sur la Bastille, son gouverneur, le marquis de Launay, accède à la demande de médiateurs venus de l’Hôtel de Ville et accepte par écrit la reddition de la forteresse sous la promesse qu’il ne sera fait aucun mal à la garnison. Il laisse la foule pénétrer dans la première cour. Il se ravise et fait tirer à la mitraille : il y a des morts. Des Gardes françaises mutinées amènent alors des canons pris aux Invalides : le gouverneur cède et abaisse les ponts-levis. Il est cinq heures de l’après-midi. Les Vainqueurs de la Bastille se dirigent ensuite vers l’Hôtel de Ville avec leurs prisonniers. Sur le chemin, Launay est massacré. Sa tête est découpée au canif. Arrivés à l’Hôtel de Ville, les émeutiers accusent le prévôt des marchands Flesselles de trahison. Il est lui aussi lynché et sa tête promenée au bout d’une pique avec celle de Launay. Toute la journée, des barrières et des bâtiments fiscaux parisiens sont attaqués et incendiés.