On distingue d’une part, la France métropolitaine et les régions d’outre-mer, qui sont administrées dans le cadre des règles générales, et d’autre part, la Nouvelle-Calédonie, les collectivités d’outre-mer et les territoires d’outre-mer, qui disposent de statuts différents. La France métropolitaine et les régions d’outre-mer sont divisées en de multiples collectivités territoriales réparties sur trois niveaux : la commune, le département et la région. Il existe également des collectivités territoriales à statut particulier telles que les collectivités territoriales uniques qui englobent les compétences du département et de la région ou encore la collectivité européenne d’Alsace. Ces collectivités territoriales sont en même temps des circonscriptions administratives dans lesquelles l’État intervient au travers de ses services déconcentrés. Les communes, au nombre de 35 416 en métropole au 1er janvier 2020, correspondent généralement au territoire d’une ville ou d’un village ; elles sont dirigées par un conseil municipal, qui élit un maire, à la fois agent de la collectivité territoriale et représentant de l’État dans la commune. Depuis les années 1990, la coopération entre les communes a été renforcée par l’émergence d’établissements publics de coopération intercommunale, dont le rôle s’accroît. Les départements, créés pendant la Révolution française, sont aujourd’hui au nombre de 99 dont 5 en Outre-mer. Ils sont dirigés par un conseil départemental dont les membres sont élus au sein des cantons et l’État y est représenté par un préfet. Quant aux 18 régions françaises, dont l’existence est plus récente, elles sont dirigées par un conseil régional et l’État y est représenté par un préfet de région. À ces collectivités territoriales s’ajoutent d’autres divisions territoriales, telles que le canton, l’arrondissement ou plus récemment le pays mais elles ne possèdent pas de dirigeants élus.
Comparée à ses voisins européens, la France a longtemps été marquée par une forte centralisation politique, les collectivités territoriales disposant de pouvoirs relativement faibles. Néanmoins, cette situation a beaucoup évolué depuis le début des années 1980, d’abord en 1982 et 1983 avec les lois Defferre (appelées a posteriori l’acte I de la décentralisation), puis entre 2002 et 2004 sous le gouvernement Raffarin (acte II). En 2010, les compétences des collectivités territoriales sont nombreuses, et concernent notamment les établissements scolaires, les transports, le développement économique et l’action sociale. Néanmoins, la superposition de multiples échelons et la limite souvent floue entre les compétences des différentes collectivités territoriales est la source de débats sur l’avenir de la décentralisation sur lequel le gouvernement Fillon s’est penché entre 2008 et 2010[110]. Le gouvernement Valls poursuit ce processus, appelé l’acte III de la décentralisation en proposant un nouveau découpage en 18 régions, effectif à partir du 1er janvier 2016 et des élections régionales de décembre 2015.