À partir de 1494, les souverains français mènent de multiples guerres en Italie, puis contre l’empereur Charles Quint. Néanmoins, les règnes de François Ier (1515-1547) et de son fils Henri II (1547-1559) sont surtout marqués par un renforcement du pouvoir royal, qui tend à devenir absolu, et par une Renaissance littéraire et artistique fortement influencée par l’Italie.
En 1539, l’ordonnance de Villers-Cotterêts fait du français la langue administrative et judiciaire du royaume. Toutefois, l’unité de la France autour de la personne du roi est bousculée dans la deuxième moitié du XVIe siècle par le problème religieux : entre 1562 et 1598, huit guerres de religion se succèdent entre catholiques et calvinistes. Cette crise religieuse se double d’une crise économique et surtout politique. En 1598, le roi Henri IV (1589-1610) met fin aux guerres de religion par l’édit de Nantes, qui donne une liberté de culte partielle aux protestants.
Louis XIII (1610-1643) et ses ministres Richelieu et Mazarin doivent faire face à l’opposition de nobles soucieux de reprendre leurs anciens pouvoirs. À la même époque, la France mène plusieurs guerres victorieuses (dont la guerre de Trente Ans) et commence à former un premier empire colonial, principalement en Nouvelle-France, aux Antilles et sur la route des Indes. Louis XIV affirme plus que jamais le caractère absolu de son pouvoir: le « Roi-Soleil » se considère comme le « lieutenant de Dieu sur Terre » et fait construire le château de Versailles, symbole de son pouvoir. Il s’entoure d’artistes et de savants et travaille à l’unité religieuse de son royaume en reprenant la persécution des protestants et en révoquant l’édit de Nantes par l’édit de Fontainebleau. Malgré la situation financière critique de la monarchie, Louis XIV mène plusieurs guerres face à une Europe coalisée contre lui tandis que le marquis de Vauban fait construire un réseau de villes fortifiées aux frontières du royaume. Si ces guerres aboutissent dans un premier temps à des victoires françaises, plusieurs défaites militaires et des famines ternissent la fin de son règne.
Tableau en couleur d’un homme à la chevelure longue et noire, posant debout, en tenue royale, bleue et blanche.
Louis XIV, le « Roi-Soleil », était le monarque absolu de la France et en a fait la première puissance européenne au long de son règne, plus long de la monarchie française (1643-1715).
Louis XV (1715-1774), arrière-petit-fils et successeur de Louis XIV, mène lui aussi plusieurs guerres, aux résultats contrastés. En 1763, par le traité de Paris qui met fin à la guerre de Sept Ans, la France abandonne ses possessions en Amérique du Nord, mais acquiert dans la même décennie la Lorraine et la Corse. Pendant ce temps, la France connaît une forte vitalité démographique et économique. La croissance de la production agricole s’accompagne d’une proto-industrialisation, notamment dans le secteur textile, ainsi que d’un essor dans les domaines intellectuel et culturel. Toutefois, Louis XVI, qui accède au trône en 1774, se révèle incapable de trouver une solution au surendettement de la monarchie et doit convoquer les états généraux en 1789.
Révolutions, républiques, monarchies et empires (1789-1914)
Articles détaillés : Histoire coloniale de la France, Révolution française, Consulat (histoire de France), Premier Empire, Restauration (histoire de France), Monarchie de Juillet, Deuxième République, Second Empire, Troisième République et Second empire colonial français.
La prise de la Bastille, le 14 juillet 1789, est l’un des premiers faits marquants de la Révolution française.
La partie européenne du territoire de la Première République découpé en départements.
Les délégués envoyés aux États généraux qui s’ouvrent le 5 mai 1789 outrepassent rapidement les pouvoirs qui leur sont attribués et s’érigent en une Assemblée nationale constituante. Le roi ne peut alors empêcher l’assemblée constituante de décider l’abolition des privilèges dans la nuit du 4 août puis d’adopter le 26 août la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. La devise Liberté, Égalité, Fraternité apparaît dans le débat public, en particulier en 1790 dans un discours de Maximilien Robespierre sur l’organisation de la Garde nationale. Après un essai de monarchie constitutionnelle, la République naît le 22 septembre 1792, et Louis XVI, condamné pour trahison, est guillotiné par jugement de la Convention nationale le 21 janvier 1793. La France révolutionnaire connaît alors plusieurs années de guerres et d’exécutions jusqu’à l’instauration du Directoire en 1795. C’est le 27 pluviôse an II (15 février 1794), que le drapeau tricolore est instauré par la Convention nationale, par décret indiquant que « le pavillon et le drapeau national seront formés des trois couleurs nationales disposées en trois bandes égales de manière que le bleu soit attaché à la garde du pavillon, le blanc au milieu et le rouge flottant ».
Napoléon Ier, empereur des Français, a construit avec sa Grande Armée un vaste empire à travers l’Europe. Il a aidé à répandre les idéaux révolutionnaires français, et ses réformes juridiques ont eu une influence majeure dans le monde entier.
Le 9 novembre 1799, le général Napoléon Bonaparte renverse le Directoire par un coup d’État et lui substitue le Consulat ; cinq ans plus tard, il est couronné Empereur des Français. Napoléon Ier crée ou réforme de nombreuses institutions, et ses multiples victoires militaires mettent la moitié de la population européenne sous son contrôle au début des années 1810. Le déclin sera néanmoins rapide : après une éphémère abdication puis un bref retour au pouvoir, l’Empereur est définitivement vaincu à Waterloo le 18 juin 1815.
La France entame alors une seconde expérience de monarchie constitutionnelle, pendant laquelle les rois Louis XVIII (1814-1824) et surtout Charles X (1824-1830) remettent en question une partie des acquis de la Révolution. Quelques semaines après avoir conquis Alger, Charles X est renversé en 1830 par les Trois Glorieuses, un mouvement révolutionnaire qui porte sur le trône Louis-Philippe. Si ce dernier est alors considéré comme réformateur, la contestation monte bientôt, malgré l’essor économique que connaît la France à cette époque.
Napoléon III, empereur des français (1852-1870).
En février 1848, une nouvelle révolution éclate, dont les objectifs ne sont plus seulement politiques, mais aussi sociaux. L’éphémère Seconde République qui est alors mise en place instaure le suffrage universel masculin et abolit l’esclavage dans les colonies ainsi que la peine de mort pour raison politique[e 65]. Toutefois, elle est renversée par son président Louis-Napoléon Bonaparte, qui est couronné empereur en 1852.
Territoire du second empire colonial français (de 1815 à 1958, date du début des indépendances).
Si les premières années du Second Empire sont celles d’un régime autoritaire, Napoléon III entame un tournant libéral en 1860, qui n’empêche pas une montée des oppositions politiques, tandis que le développement industriel et ferroviaire s’accélère. La défaite de la France face à une Allemagne en cours d’unification, en 1870 et 1871, est un double tournant dans l’histoire du pays : l’empereur capitule le 2 septembre 1870 et la République est proclamée le 4, tandis que la Prusse annexe l’Alsace-Lorraine. La défaite française suscite en outre l’épisode dramatique de la Commune de Paris, écrasée en mai 1871 par les troupes gouvernementales.
Malgré sa naissance chaotique, la Troisième République est le plus long des régimes politiques qu’a connu la France depuis 1789. Les républicains mettent peu à peu en place leur projet politique : l’école est rendue gratuite, laïque et obligatoire en 1881-1882, les libertés de presse et de réunion sont accordées en 1881, le divorce et les syndicats sont autorisés en 1884, et les Églises sont séparées de l’État en 1905. À la même époque, la France se dote d’un vaste empire colonial, qui sera le deuxième au monde après celui du Royaume-Uni, : aux possessions en Inde et à l’Algérie viennent s’ajouter au fil des années l’Indochine, les protectorats de Tunisie et du Maroc, l’Afrique équatoriale et occidentale et Madagascar. Si plusieurs crises politiques se succèdent — crise boulangiste, scandale des décorations, scandale de Panama, affaire Dreyfus —, la menace principale pour la République vient désormais de l’extérieur, où la guerre apparaît de plus en plus imminente.