L’expression « identité nationale », dont l’utilisation est devenue assez courante à partir des années 1980, a connu une certaine vogue en France dans la première décennie du XXIe siècle. Elle a été et reste la source de nombreuses controverses, témoignant à la fois du flou de sa définition et de son usage souvent équivoque, qui en font, selon la formule de deux sociologues britanniques, « un des concepts les plus discutés mais les moins compris de la fin du XXe siècle ».
L’identité nationale comme norme de référence
Elle devient alors un standard mis au service de divers objectifs pouvant selon le cas viser à conforter une situation existante, ou au contraire, à la rectifier. Le contenu mobilisé est alors fonction des finalités en vue desquelles il est utilisé.
La démarche repose donc essentiellement sur des présomptions. Ainsi, les citoyens d’un État sont, tant qu’ils en conservent juridiquement la nationalité, réputés adhérer à ses idéaux communs, raisonnement par induction dont on trouve une opportune confirmation dans les manifestations de civisme, de patriotisme ou de chauvinisme auxquels se livrent certains d’entre eux en fonction des circonstances. De même, les nations appréhendées abstraction faite des États le sont par référence au sentiment et à la volonté présumés de leurs membres de former un groupe autonome et soudé, s’exprimant notamment parfois par des revendications nationalistes.
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